Vers 430 avant J.-C.-vers 355
Philosophe et historien grec.

Xénophon est le premier connu en Europe à formuler un traité d'équitation. Ce sont ses ouvrages sur lesquels se sont penchés les maîtres de la renaissance et en particulier Federico Grisone.
Xénophon aime enseigner, et pour lui, le sport est un devoir envers soi-même : son premier traité est l'œuvre d'un excellent cavalier ; le second est l'exposé des charges morales et matérielles d'un commandant de cavalerie.
Les grecs s'étaient efforcés, de tous temps, de comprendre le cheval, d'étudier et d'analyser son tempérament et ses caractéristiques, et s'étaient abstenus d'utiliser la force pour le contraindre à obéir.
Comme le disait son précurseur et modèle, un certain Simon:
"On n'enseigne pas la danse à un danseur avec un fouet et des éperons !"
Xénophon écrit:
"Lorsque le poulain s'effraie, c'est en le caressant qu'on lui apprend qu'il n'a rien à craindre"
"Une fois à cheval, portez-le en avant par les moyens les plus doux"
"Tout avertissement brusque trouble le cheval fougueux"
"Il ne faut, pas pour arrêter, tirer tout d'un coup, mais moelleusement la bride"
"Rendez le mords doux par la légèreté de la main"
"Il ne faut avoir avec lui que des petits contacts indispensables pour l'assiette"
"Il faut que de son plein gré et au signal donné, il exécute les mouvements les plus beaux et les plus brillants"
1552-1620
Il est envoyé tout enfant, âgé d'environ dix ans, en Italie où il travaille sous la direction de Pignatelli jusqu'en 1571 ou 1572, date à laquelle il est ramené par M. de Sourdis, premier écuyer de notre roi Charles IX, à qui le jeune homme est présenté.
En 1594, patronné par le chevalier de Saint-Antoine, son ancien camarade de manège à Naples, et devenu premier écuyer ordinaire sous Henri III et Henri IV, Antoine de Pluvinel est autorisé à fonder à Paris une Académie destinée à perfectionner la noblesse Française dans "l'exercice de monter à cheval". À cette époque, en effet, tout gentilhomme doit savoir être cavalier, et l'adresse en cet exercice constitue un des traits distinctifs de la noblesse.

L'enseignement de Pluvinel se distingue de celui de ses maîtres italiens par l'affirmation de deux principes fondamentaux. Il entend, certes, que le cheval soit considéré en tant qu'individu. Avec une étonnante lucidité et une surprenante compréhension, il constate que chaque cheval possède ses caractéristiques, défauts et qualités; en un mot : une personnalité.
Pluvinel recommande surtout de ne jamais recourir à des sévices, mais de traiter les chevaux avec rigueur et discipline, sans jamais perdre confiance dans la supériorité technique de l'homme. "Que la bonté l'emporte sur la sévérité ... On ne doit battre un cheval que si sa désobéissance est fille de paresse ..."
Il fait travailler "la cervelle plus que les reins et les jambes" du cheval et dit: "il faut faut estre avare des coups et prodigue des caresses afin, comme rediray tousjours, d'obliger le cheval à obéir et manier plustost pour le playsir que pour le mal".
Ce qui distingue Pluvinel c'est la mesure, le tact et la discrétion des aides, avec des mors simplifiés, aux canons brisés, indicateurs et non tourmenteurs. Il assouplit son cheval autour du pilier unique en lui demandant de déplacer ses hanches soit en dedans soit en dehors du cercle avant de lui apprendre à se mettre sur les hanches dans le double pilier puis à manier sans le secours des aides.
Pluvinel passe pour avoir remis en pratique les piliers de dressage qui permettent d'enseigner au cheval non monté figures et exercices.
Ses élèves les plus célèbres ne sont autres que le Roi Louis XIII et le grand Ecuyer François Robichon de La Guérinière.
1688-1751
Écuyer du Roi Louis XV, directeur du Manège royal des Tuileries.
François Robichon de La Guérinière est le maître incontesté de l'École française classique, comme en témoignent le renom et l'influence de ses deux ouvrages : École de cavalerie (1729-1731) et Éléments de cavalerie (1740). On doit à La Guérinière d'avoir établi sur des bases durables les règles de l'équitation académique.
"La connaissance du naturel d'un cheval est l'un des premiers fondement de l'art de le monter, et tout homme de cheval en doit faire sa principale étude".

Inventeur de l'épaule en dedans et de la descente de main.
La leçon de l'épaule en dedans est la plus difficile et la plus utiles de toutes celles qu'on doit employer pour assouplir les chevaux.
« Cette leçon produit tant de bons effets à la fois que je la regarde comme la première et la dernière de toutes celles qu’on peut donner au cheval pour lui faire prendre une entière souplesse et une parfaite liberté dans toutes ses parties. Cela est si vrai, qu’un cheval qui aura été assoupli suivant ce principe et gâté après ou à l’École, ou par quelque ignorant, si un homme de cheval le remet pendant quelques jours à cette leçon, il le trouvera aussi souple et aussi aisé qu’auparavant ».
Quant à la descente de main, « une aide des plus subtiles et des plus utiles de la cavalerie. », c’est une façon de rendre la main en prenant les rênes avec la main droite au-dessus de la main gauche, « et en lâchant un peu les rênes dans la main gauche, on fait passer le sentiment du mors dans la main droite, et enfin en quittant tout-à-fait les rênes qui étaient dans la main gauche, on baisse la main droite sur le cou du cheval. ». Le cheval se trouve entièrement libre, à condition qu’il ne soit pas sur les épaules, mais plutôt après avoir marqué un demi-arrêt et lorsqu’on sent qu’il plie les hanches, demeurant ainsi léger à la main.
« La grâce à cheval consiste en une posture droite et libre, qui vient du contrepoids du corps bien observé ; en sorte que dans tous les mouvements que fait le cheval, le cavalier, sans déranger son assiette, conserve autant qu’il le peut, dans un juste équilibre, cet air d’aisance et de liberté, qui forme ce qu’on appelle le bel homme de cheval. »
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