Poésies

  • Par Ivan Loo

  Monte... dit le cheval, je te prête mes jambes,

  Je te prête mes yeux, je te prête mon cœur,

  Je te prête ma force.

  En élans répétés, glissons-nous dans le vent,

  Caressés par la pluie, écartant la nuée,

  Parcourant les rayons du soleil rutilants…

  Fais-toi grand et puissant, comme je le suis,

  Dominons tout les deux l’ivresse de l’espace,

  Imaginons ensemble un monde qui nous convient,

  Où nous existons comme nous choisirons.

  Créons-nous des saisons au rythme du temps qui passe,

  Mêlant nos amitiés en étroites unions,

  Avec un peu de toi, avec un peu de moi…

 

 

  • Par Claude Léveillée: 

La légende du Cheval Blanc

 Sur un cheval blanc je t'emmènerai
  Défiant le soleil et l'immensité

  Dans des marais inconnus des Dieux
  Loin de la ville
  Uniquement nous deux

  Et des milliers de chevaux sauvages
  Feront un cercle pour nous isoler

  N'entends-tu pas toutes les guitares
  Criant de joie dans la chevauchée

  Sur un cheval blanc je t'emmènerai
  Défiant le soleil et l'immensité

  Dans les marais inconnus des Dieux
  Loin de la ville
  Uniquement nous deux

  Pourtant je sais que ce n'est qu'un rêve
  Pourquoi faut-il que ce ne sois qu'un rêve

  Mais l'hymne à l'amour je l'entends déjà
  J'entends déjà son alléluia

Alléluia

 

  • Par Fabienne Thibault:

La Chanson du Percheron

  Homme,

  Quand tu regardes à l'horizon
  Que tu retiens toute l'histoire.
  Tu peux lire sur ma robe noire
  Les travaux des quatres saisons.

  J'avais la grâce et l'élégance
  Et la tenue des grands d'Espagne.
  J'avais la force et la puissance
  Qu'il te fallait dans tes campagnes

  Homme,

  J'ai travaillé à te construire
  Des bâtiments et des maisons
  Et j ' ai tiré jusqu ' à courir
  Fruits de la terre et le poisson.

  J'ai donné mon coeur et mon âme
  Je t'ai donné tous mes enfants.
  Et j'ai entretenu la flamme
  Qui venait réchauffer mes flancs.

  Homme ,tu vois !

  J'ai encore l'art et la manière
  Et j'ai besoin de travailler.
  Il y a tant de choses à faire
  Et de forêts à débarder.

Mets ton petit sur mes épaules
Emmène-nous nous promener.
Et nous inverserons les rôles
Je serai là pour te guider.

Homme,

Je ne suis qu'un vieux cheval sage
Qui n'a ni rime ni raison
Ni rancoeur,ni haine,ni rage
Mais j'ai la fierté de mon nom
Percheron...

 

 

  • Par Raôul Duguay:

En Quête de LIBERTÉ

  Le parfum de la liberté
  plane sur les prés
  Dans ton regard et entre tes doigts
  Tu cueilles la beauté d'une fleur
  et sa joie
  Mais l'infini qui l'entoure
  Peux-tu le faire entrer dans un pot ?
  Ma liberté rue dans l'enclos !

  Mon enclos c'était la Terre entière
  à l'état sauvage pendant des millénaires
  J'ai galopé ma liberté vers les herbages
  charmé par ma grâce tu peignais mon image
  Dans tes rêves que j'ai tant illuminés
  J'étais l'étoile filante de ta liberté .

  Après des siècles de marche à pied
  En même temps que tu inventais la roue
  Tu es venu me voler ma vélocité
  Tu m'as capturé et mis à genoux
  à la charrette et à la charrue attelé
  Je t'ai libéré de tes travaux forcés .

  Tu m'as forcé à te donner ma vie ma liberté
  Tu as mangé ma chair bu mon lait et mon sang
  tanné ma peau pour t'en faire des vêtements
  Je suis devenu ton animal domestique préféré .

  Au printemps de ton humanité
  Tu vivais dans un monde clos
  J'étais ton animal sacré
  Le jour où tu as profané mon dos
  Je t'ai fait faire le grand saut
  De la préhistoire à l'histoire
  En as-tu gardé mémoire ?

  Tu as l'instinct de conquérir
  Tout ce qui peut te servir
  Moi j'ai celui de fuir
  Quiconque veut m'asservir
  Jamais vraiment dompté
  Mais pour un temps conditionné
  à répondre à tes quatre volontés
  Ma liberté à jamais ne te sera que prêtée !

  La première fois que tu m'as pris ma liberté
  Sans bride et sans étrier tu m'as monté
  Avec tes genoux tu gouvernais mon élan dans l'air
  Ta flèche transperçait le lièvre et le cerf
  J'étais ta machine de chasseton échasse .

  Hier pour conquérir la Terre
  Sur mon dos tu es parti en guerre
  Et pour te rendre immortel
  Tu convoites aujourd'hui le ciel
  Mais la paix est la seule victoire que j'aime
  Quand partiras-tu à la conquête de toi-même ?

  Si l'esprit est le miroir de ce qu'il contemple

 Te souviens-tu que mon temple
  C'était la vierge nature ?
  Pour que tu sortes de ton ignorance
  Et souhaites signer des alliances
  Je t'ai conduit jusqu'aux portes de toutes les cultures .

  Quand j'étais cheval de trait ou de combat
  Tu me criais de presser le pas
  J'obéissais à la carotte et au bâton
  à la cravache et à l'éperon
  Heureusement ici je ne marche ni ne cours
  qu'à la caresse et à l'amour .

  Parce que tu portes le rêve de la liberté
  Pour toute la race humaine avec fierté
  Je te porte et avec toi je marche
  à la rencontre des Alliances sous les arches
  Fais de l'amour ta seule gloire
  Et tu tiendras les rennes du pouvoir .

  Je n'étais qu'une bête utile et servile
  Aujourd ' hui ma plus belle utilité
  C'est de t'être agréable et cela m'est facile
  Comme je me sens libre et en sécurité
  Je ne veux plus fuir que vers toi
  Tu es ma plus noble conquête ma joie .


 

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